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dimanche 19 août 2018
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Visite du ministre de la Santé au CHU-YO: Sauver le «soldat» Yalgado

Le ministre de la Santé, le Pr Nicolas Méda, a rencontré ce 17 mai 2018, les acteurs de l’hôpital Yalgado. En attendant les actions qui devraient procéder d’une feuille de route, un diagnostic sans complaisance a été posé.

Le ministre de la Santé (au milieu) avait à sa droite le PCA du CHU-YO tout au long de la rencontre

Centre de dernier niveau de référence,  le CHU-YO est au coeur du dispositif de l’offre de soins de la ville de Ougadougou, voire de tout le pays. Cependant, les réalités ne sont pas reluisantes depuis quelques temps. Quoi que déterminés et engagés, les travailleurs sont souvent désarmés quand le minimum de moyens matériel fait défaut pour aider à diagnostiquer et à sauver des vies. Le ministre de la Santé dit être venu pour cerner, de concert avec les acteurs de l’hôpital, tous les gros problèmes afin d’envisager des pistes de solutions. Au bilan,  les problèmes soulevés peuvent être classés en cinq grands points.

Infrastructures vétustes

Une évidence: les locaux de l’hôpital Yalgado sont largement dépassés en termes de  capacités d’accueil. Voir les malades à même le sol terre constitue un spectacle quasi -quotidien. Il y a des services où les agents, faute de locaux, sont obligés de squatter parfois une salle d’hospitalisation pour recevoir leurs malades. La Cancérologie, l’Hématologie clinique en sont des exemples. Pour désengorger Yalgado, le ministre prévoit la construction de deux  CHU de 500 lits chacun, dont l’un  à Bassinko et l’autre à Saaba, ainsi que la construction d’un l’hôpital de district de 300 lits à Boulmiougou.

Modèle économique des équipements inadapté

Ensuite vient le problème des équipements. Yalgado souffre d’une absence de maintenance préventive. C’est pourquoi, les équipements tombent fréquemment en panne au point qu’au bout d’un temps donné, la maintenance curative ne puisse plus les faire redémarrer. Pour un meilleur entretien des équipements, il faudra des contrats de maintenance préventive et curative. Par ailleurs, le ministre a interrogé l’engagement du personnel de Yalgado à prendre soin de ses outils de travail. « A Yalgado, on n’a peut-être pas le soin de nos appareils», a-t-il dit. Face à cela, il préconise le modèle économique de l’usage au lieu de celui de la propriété pour les équipements. Par exemple, celui qui fournit un équipement à Yalgado, continue d’être toujours le propriétaire de son équipement, de sorte que Yalgado le paye à l’usage tant que cela fonctionne. Si l’équipement est en panne, c’est au propriétaire d’en assurer la réparation.

Yalgado ne sera pas détruit a rassuré le ministre

Mériter ce que l’on coûte à Yalgado

Avec une capacité de 714 lits, le CHU-YO a 1373 agents toutes catégories confondues. Le Pr Nicolas Méda  a estimé qu’il y avait trop de personnel et qu’il est clair qu’il y en a très peu qui travaillent. Un audit des ressources humaines surtout des contractuels qui sont un plus de 600 a été préconisé pour avoir une maîtrise de leurs productivités. A terme, un redéploiement du «trop plein de personnel» pourrait être envisagé.

Modèle économique en faillite

Globalement, le ministre a estimé que le modèle économique de Yalgado est en faillite. Pis, l’établissement aurait créé un mécanisme structurel d’endettement continu. « Yalgado fonctionne à perte », a asséné le ministre qui a instruit qu’une réflexion sur la tarification soit menée en vue d’une probable hausse.

Gestion des patients dans la ville de Ouagadougou

De manière transversale, la question de l’organisation de l’offre de soins dans la ville de Ouagadougou a aussi été abordée. A l’immunité, les participants ont estimé qu’il faut une réorganisation de l’offre de soins. «Il faut courageusement que l’on décide que ce soit la même médecine partout. On ne peut pas comprendre qu’il ait 300 lits vides ailleurs dans d’autres CHU, qui refusent de recevoir des références alors qu’à Yalgado, les patients sont à même le sol », a réagi le ministre.

Un diagnostic sans complaisance a été posé avec les acteurs de l’hôpital

A l’entame de la rencontre, le ministre avait promis une feuille de route sur l’ensemble des points qui seraient soulevés avec des responsabilités d’action. Pour informer l’opinion publique de ce qui sera fait, un point de la situation devra être fait soit à travers des écrits, soit à travers des conférences de presse selon une périodicité. Au sortir de la rencontre, le ministre a demandé à ce qu’une synthèse des discussions soit produite et validée à l’interne avant qu’elle ne lui soit transmise. Il plaidera alors une ligne budgétaire pour aider Yalgado à éponger ses dettes. A la question du ministre désirant savoir de combien Yalgado a-t-il besoin pour résoudre toutes ses difficultés, le directeur général répond: «au moins 5 milliards.»

Service Communication du CHU-YO




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