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mercredi 14 novembre 2018
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«Tout le monde a des hémorroïdes, mais le tout le monde ne fait pas la maladie hémorroïdaire», dixit le Pr Alain Bougouma , hépato-gastro-entérologue au CHU YO

Les Hépato-gastrologues-enterologues du Burkina Faso tiendront leur tout premier congrès scientifique les 18 et 19 octobre 2018 au CHU de Tengandogo.

Les maladies hémorroïdaires, les hépatites B et C, les cancers du foie, du tube digestif…sont entre autres les grandes problématiques sur lesquelles les spécialistes venus d’Europe, des pays d’Afrique centrale, d’Afrique de l’Ouest, et des 45 provinces du Faso vont échanger et accorder leurs violons afin que la sensibilisation et les moyens de prévention de ces maladies soient renforcés. Nous avons rencontré le Pr Alain Bougouma qui évoque les sujets de discussion de leur rencontre ; il nous explique les causes de certaines maladies du tube digestif, et donne des conseils pratiques et simples pour les éviter.

 

Quel est l’intérêt d’un congrès scientifique, comme celui qui s’ouvre le 18 octobre ?

L’intérêt d’un congrès scientifique, c’est de réunir les acteurs de la santé pour échanger nos expériences et discuter pour trouver des solutions consensuelles aux problèmes de santé qui assaillent nos populations.

C’est le tout premier congrès des Hépato-gastrologues. En termes d’organisation, êtes-vous fin prêt ?

Organiser une activité de ce genre n’est pas chose toujours aisée. C’est une bataille que nous menons et qui n’est pas encore achevée, vue la modestie de moyens dont nous disposons. Mais nous pensons que le congrès pourra se tenir dans des conditions assez convenables pour nous permettre d’échanger sur les maladies de l’appareil digestif.

Combien de participants sont attendus à votre congrès ?

Nous attendons au moins 300 participants, qui viendront de la Belgique, des pays de d’Afrique centrale (Congo-Brazzaville, du Cameroun, de la République Centrafricaine, du Tchad), de tous les pays voisins de notre pays, et du Sénégal

Vos échanges porteront sur les cancers du foie et les cancers du tractus digestif. Pourquoi avoir choisi spécifiquement ce thème ?

Il faut d’abord souligner que ce thème a déjà fait l’objet de réflexion et de discussions entre les membres de notre société savante ( la Société Burkinabè d’Hépato-Gastro Enterologie et d’Endoscopie digestive[ SOBUHGEED]). Cela dit, il convient d’ajouter que le choix du thème a été dicté par la fréquence d’un certain nombre de problèmes de santé qui assaillent nos populations que nous rencontrons dans nos pratiques quotidiennes. Ces problèmes sont surtout liés aux cancers du foie et aux cancers du tube digestif. Ces pathologies étant devenues de plus en plus fréquentes, nous-nous devons d’alerter afin qu’on trouve les solutions qui vont permettre de réduire ces types de cancers; il s’agit d’un problème de santé publique.

Quels sont les causes ou facteurs de ces cancers ?

On sait que le cancer du foie est d’origine virale, c’est dû notamment aux hépatites B, et C qui sont des tueurs silencieux. Généralement, le patient ne peut les découvrir qu’à un stade terminal, quand le cancer ou la cirrhose sont déjà installés. A ce stade, il y a pratiquement plus de solutions adéquates. Pourtant ce sont des maladies qu’on peut prévenir, mais malheureusement les patients nous arrivent tardivement. D’où l’intérêt de ce thème-là pour nous, afin qu’ensemble nous essayons d’intensifier les moyens de sensibilisation et prévention.

L’hépatite, qu’est-ce que c’est exactement?

L’hépatite est une inflammation du foie due à plusieurs causes. D’abord à des virus, au nombre de cinq types à savoir A, B, C, D et G d’où les appellations l’hépatite A, l’hépatite B, l’hépatite C, l’hépatite D, et l’hépatite G

Mais parmi ces virus, ce sont les virus des hépatites B et C qui affectent généralement le foie. Ce sont ces deux virus qui sont les plus gros pourvoyeurs des problèmes de santé publique du fait qu’elles engendrent des complications tels les cirrhoses et les cancers. Ces deux types d’hépatites sont les plus dangereux, voilà pourquoi nous avons opté de s’y pencher pendant notre congrès. Quant aux autres types d’hépatites, il faut savoir qu’ils sont moins dangereux, et on peut en guérir seul, même sans traitements.

Il y a aura également des échanges sur les maladies hémorroïdaires. Qu’est-ce que le spécialiste peut nous dire sur ces maladies?

Les maladies hémorroïdaires sont plus en plus fréquentes, mais dont malheureusement on parle peu. Cela est dû au fait que ces maladies touchent une région du corps (anus) dont les gens ont honte de parler. C’est ainsi que certains patients préfèrent aller chez les tradi-praticiens où on n’a pas besoin d’une ordonnance qui pourrait amener le patient en pharmacie. Il y en a même qui pensent que la maladie hémorroïdaire ne peut être soignée à l’hôpital, ce qui n’est pas du tout fondé.

Il faut souligner que pour beaucoup de gens, toute affection anale est un problème hémorroïdaire. Ce qui n’est pas vrai également car il y a beaucoup d’autres maladies qui concernent l’anus, qui n’ont rien à voir avec les hémorroïdes.

D’où la nécessité en cas de problème de recourir à un spécialiste qui va utiliser des moyens d’exploration de l’ appareil anal, du rectum et même colon afin de savoir exactement s’il s’agit vraiment d’une maladie hémorroïdaire ou pas.

Il faut préciser qu’à partir d’un certain âge, tout individu peut certes avoir une maladie hémorroïdaire, mais il peut avoir bien d’autres raisons de saigner. De l’enfant au vieillard, nous avons tous des hémorroïdes, mais nous ne faisons pas tous la maladie hémorroïdaire. La maladie hémorroïdaire est une inflammation des veines de l’ anus qui fait que l’individu a mal ou saigne.

Peut-on savoir les causes de la maladie hémorroïdaire ?

Il y a une panoplie de causes possibles. La maladie peut être due à une constipation chronique, à une diarrhée prolongée et chronique, à une alternance diarrhée et constipation, à des positions debout et assis prolongées, à la pratique du sport équestre, à de longues distances sur moto, à la période de grossesse chez certaines femmes.

En ce qui concerne l’alimentation, il faut dire que la graisse en tant que tel n’a pas d’influence sur la maladie hémorroïdaire. Mais c’est la consommation de mauvaises graisses, des huiles de mauvaise qualité, la surconsommation des graisses animales qui peuvent conduire à de lésions précancéreuses de l’intestin. Cela peut entrainer des polypes qui pourront engendrer le cancer de l’intestin, de l’anus ou du rectum.

Quels conseils pratiques que le spécialiste donne aux populations pour éviter les maladies du tubes digestif ?

D’abord, il convient de rappeler aux gens de toujours manger propre. Il faut bien se laver les mains avant de manger. Surtout, il faut manger tout ce qui est produit naturellement, sans pesticide. Il est conseillé de manger les légumes en général et d’éviter d’utiliser le formol pour conserver le poisson. Ce sont des mesures simples qu’on peut appliquer pour éviter les maladies de l’appareil digestif.

Pour ce qui est de la prévention des virus des hépatites, il faut simplement se faire vacciner. Il faut se faire dépister et si l’on est porteur de virus on doit suivre les prescriptions des personnels de santé qualifiés.

Mais est-ce que nous avons assez de spécialistes pour ce faire ?

Depuis un certain temps, nous formons sur place des hépato-gastrologues-entérologues pour notre pays et même pour d’autres pays. Nous avons déjà formé une quarantaine sans compter les promotions qui vont bientôt sortir. Seulement c’est le niveau des plateaux techniques des formations sanitaires qui reste à être relevé car nous avons des appareils souvent usés. Cela joue sur la motivation des jeunes que nous formons.

Et pour terminer ?                      

Nous sollicitons l’appui des mécènes et des opérateurs nationaux pour nous aider à réussir le premier congrès. Leurs appuis sont nécessaires pour nous permettre de faire avancer la science et d’améliorer la lutte contre la maladie. Les spécialistes en discutant entre eux sur des problèmes de santé permettent de faire bouger les lignes au profit des populations.

 

Souro SANON

 




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