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lundi 9 décembre 2019
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Pharmacie Hospitalière du CHU-YO: le projet de reforme exposé

Les premiers responsables du département de la Pharmacie Hospitalière (P.H) et les membres du comité de direction ont tenu les 04 et 05 avril 2019, une rencontre d’échanges sur le projet de relance des activités de la P.H. Le chef du département, le Pr Youl Estelle et son équipe, ont présenté un document projet qui passe en revue les nombreux goulots d’étranglements de leur service ainsi que les pistes de solutions proposées. Présidés par le Dg du CHU-YO, Constant Dahourou, qui avait à ses côtés le président de la commission médicale d’établissement, le Pr Kampadilemba Ouoba, et le directeur de la prospective hospitalo-universitaire et de la coopération, Pr Alain Bougouma, ces deux jours de réflexion ont abouti à des conclusions , à valeur de fortes recommandations.

A l’entame, le chef de département a situé les participants sur la notion de Pharmacie Hospitalière (P.H) qui a pour mission de «fournir le bon produit au bon moment dans de bonnes conditions d’administration et à moindre coût». De manière spécifique, le rôle de la PH est essentiellement destiné à la satisfaction des clients internes (malades hospitalisés, ou malades munis d’ordonnances délivrées par le CHU-YO) en produits de santé. Ainsi, il revient à la PH d’assurer les approvisionnements et la gestion des stocks, la préparation et  la dispensation des produits de santé, la promotion de la qualité dans  l’ensemble de leurs prestations…

Pour mener à bien cette mission qui se décline en plusieurs objectifs et tâches, la P.H se doit de relever de nombreux défis. Le premier défi, qui est loin le plus visible par les usagers, est lié aux ruptures des médicaments et consommables. Il en résulte que la prise en charge des patients peut en prendre quelques fois un coup, notamment au niveau des blocs opératoires, où certaines interventions chirurgicales peuvent être reportées. Dans le contexte de la mise en œuvre de la politique de la gratuité (en faveur des enfants de moins de 05 ans et les femmes enceintes), les ruptures de produits ne permettent pas d’avoir en permanence des kits d’urgence complets au profit de ces deux cibles. Ainsi, les prescriptions complémentaires sont faites aux usagers dont certains restent dubitatifs et  parfois réticents à s’exécuter. Pour y remédier, la réflexion doit s’engager pour rendre la P.H autonome avec des comptes bancaires où elle pourrait déposer les fruits de ses ventes , et de pouvoir en cas d’urgences faire des commandes aisément en produits de santé avec une certaine souplesse. De l’avis du Pr Issa Somé, rien n’empêche aujourd’hui la PH de se développer et de répondre aux exigences de ses clients ;  il faut une volonté affichée car il n y a pas de raison que les usagers ne trouvent pas satisfaction en interne.

Il convient de souligner que les procédures de passation des commandes des produits sont lourdes et longues; elles paraissent inadaptées aux besoins des hôpitaux. La nécessité de relire les textes législatifs et réglementaires  est un impératif, ainsi que cette marge bénéficiaire de 15% fixée sur les produits des P.H publiques depuis des années et qui est toujours statistique.

Dans un contexte où les ruptures sont fréquentes, il y a des risques de vente parallèle de produits au sein de l’établissement, ont souligné les participants. Egalement, s’ensuit l’envahissement de l ‘établissement par des délégués médicaux, qui ont accès à la structure  sans l’aval de la P.H.

La lancinante question de l’informatisation est revenue en débats, car sans une informatisation complète du processus (de l’entrée jusque à la sortie des produits), la gestion ne peut être aisée et moins sujette à caution. Ainsi,  par exemple, les alertes de niveau de stocks ne sont pas possibles, l’évaluation des besoins réels des services de soins en médicaments et consommables devient elle aussi problématique.

Une des équations dont la résolution permettra de relancer la P.H  est la dynamisation du comité thérapeutique. Car c’est sur la base des protocoles thérapeutiques que la P.H doit faire ses commandes annuelles. Sans listes validées du comité thérapeutique, les commandes sont faites mais les  risques de péremption sont réels du moment où certains produits ne sont  prescrits.

Des échanges, il est ressorti que le CHU-YO doit redoubler d’efforts pour réduire sa dette auprès de la CAMEG.  A noter qu’ en plus des 200.000 FCFA de produits que la P.H met mensuellement à la disposition du service de l’action sociale, il y a aussi que lors  de certaines situations d’urgence , comme les manifestations socio-politiques,  la P.H  est instruite à servir des produits pour la prise en charge des victimes. Mais après l’ Etat ne songe plus au  remboursement.

Si en matière de ressources humaines, la P.H fait face à de nombreux défis ( de nouveaux affectés qui font tout aller voir ailleurs), elle doit en plus gérer son éparpillement géographique sur 06 sites, ainsi que la vétusté de ses locaux. Ses difficultés en plus sont accrues par le manque de réseau informatique, de flotte téléphonique, et l’insuffisance d’équipements informatiques.

Pour le Dg, il faudra impérativement entrer en contact avec la hiérarchie pour entrevoir la possibilité de relecture des textes relatifs de la Pharmacie Hospitalière. La nécessité d’augmenter et adapter le budget est un impératif autant que la dynamisation du comité thérapeutique et le renforcement de la traçabilité des produits.

 

Service communication




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