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mercredi 25 novembre 2020
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« On ne m’avait donné que 3 jours pour prendre la tête de Yalgado», dixit Adama Zerbo

C’est un homme de 70 ans, mais qui n’en a pas l’air. D’un teint bronzé et un physique svelte de 66 Kg bâti sur 1,67 mètre,  Adama Zerbo, puisque c’est de lui qu’il s’agit, fut directeur général du CHU Yalgado Ouédraogo de mai 1984 à juillet 1985. Il séjourne alternativement entre son pays, le Burkina Faso et les États Unis d’Amérique.

Profitant de son séjour au Faso, il s’est rendu à l’hôpital Yalagdo qu’il a eu diriger il y a de cela 36 ans pour y remettre une photo. Pour quoi?  Réponse: «il y a de cela plus d’une année que j’ai rencontré l’ancienne directrice de Yalagdo, Madame Naré qui m’ a informé du projet de la direction générale de faire une exposition murale des photos des anciens directeurs généraux dans la salle de réunion, c’est pour cela que je suis venu»

Reçu en audience, ce jeudi 27 août 2020, par Constant Dahourou, le Directeur général du CHU-YO, Monsieur Adama Zerbo a salué l’accueil à lui réservé et surtout cette initiative d’« immortaliser» les anciens dg de l’établissement. Pour le premier responsable du CHU-YO, c’est «un sentiment de surprise agréable qui m’anime , et surtout de reconnaissance, car il constitue un repère qui peut nous permettre d’avancer». Également, ajoutera Constant Dahourou, «j’ai demandé à monsieur Zerbo d’être l’ambassadeur de Yalgado aux USA pour nous permettre par exemple d’avoir des partenaires et ONG»

L’occasion faisant le larron, nous avons eu un échange instructif avec le «dg révolutionnaire», qui nous apprend comment il est arrivé  la tête du plus grand hôpital du Burkina. «Un jour mes camarades m’ont dit d’aller voir le Ministre, le pharmacien Commandant Abdoul Salam Kaboré, qu’il voudrait me nommer à Yalgado». Le lendemain, il se rend au cabinet du Ministre qui lui dit : « je te nomme à la tête à Yalgado »; et qu’il avait 3 jours pour prendre fonction, dès que l’ annonce sera faite par le conseil des Ministres du lendemain. Il a demandé un temps de réflexion surtout qu’il n’avait que 05 ans de service au Ministère du Commerce de l’Industrie et des Mines.  «Mais on ne m’a pas accordé, puisque si les camarades disent que tu as les qualités pour faire quelque chose, tu ne peux pas refuser», confesse-t-il. Ainsi, il se rend à Yalgado, et va à la direction générale (sise alors au rez-de-chaussée du grand bâtiment à étage), on sonne un rassemblement  du personnel dans la cour, il fait un discours de circonstance. Et c’est tout. Pas de protocole. Pas de signature de documents de passation:  » tout ça peut venir après ». Il venait de remplacer Keita Abdoulaye. Conseiller des affaires économiques, monsieur Adama Zerbo n’avait pas pensé un jour à gérer un hôpital, mais l’expérience fut enrichissante quoique brève. Puisqu’à peine une année de service, il a été appelé à d’autres fonctions.

Toutefois, on peut retenir que c’est à l’initiative de ce fils de Kassan (à 08 Km de Tougan) que certains jeunes médecins qui  rentraient au pays à la fin de leurs études étaient responsabilisés à la tête des services, ce fut le cas de Hilaire Tiendrébogo, Julien Ilboudo…. Et au fur et à mesure, les coopérants blancs qui tenaient les services ont été remplacés.

Aussi, c’est grâce à lui que la Mosquée de Yalgado a été construite: «j’ai approché la communauté musulmane, il n’y a pas eu d’inconvénients». C’est ainsi que ce lieu de culte, devenu  plus spacieux aujourd’hui a été construit. À cette époque, l’hôpital Yalgado avait un effectif de 400 agents, et certaines initiatives étaient aisément réalisables. Par exemple, « on avait formé deux agents en élevage de volailles, car on élevait des poulets qui servaient à agrémenter les repas des patients démunis»

De même, dans chaque secteur médecine, chirurgie, maternité, « on responsabilisait des accompagnants qui portaient des brassards rouge et dont le rôle était de sensibiliser les autres usagers au respect des consignes qu’on leur donnait»

La prise en charge des patients était gratuite, l’hôpital Yalgado n’avait pas de budget propre. C’était le Ministère de la santé qui approvisionnait en médicaments, consommables, carburant, les consommables d’électricité, plomberie, etc.




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